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Conseils

Quelles sont les meilleurs conseils que vous donneriez un investisseur par rapport a votre expérience etc.?

Réponses

  • 6 Réponses trié par Votes Date
  • À un nouvel investisseur qui ne connait rien à la bourse :

    - Ne fais pas de short selling
    - Renseigne toi le plus possible (lis des livres, prends des formations, etc.)
    - Achète un FNB du S&P 500 avec un ratio de frais de gestion bas et dors dessus.
    - À côté, construit toi un portefeuille virtuel et apprend pendant quelques années de tes erreurs.
  • Essaie de voir d'abord et avant tout si tu peux avoir la bonne attitude pour réussir en bourse, notamment en sélectionnant des entreprises.
    Ce n'est pas tout le monde qui a le tempéramment pour tolérer une baisse de 50% sur une entreprise.
  • Il faut comprendre ce que tu fais en réalité. Tu achètes des entreprises. La façon rationnel de procéder est d'être capable d'évaluer une entreprise et de voir si le prix demandé en bourse est une aubaine.

    Bon c'est facile à dire mais difficile à faire. Nous sommes bombardés de toutes parts d'informations inutiles sur les fluctuations du marché qu'il est émottement difficile d'ignorer.

    À ma connaissance il n'existe pas de cours d'évaluation d'entreprises. En plus pour plusieurs compagnies dont celles en forte croissances dont parlent les média il est impossible d'évaluer leur valeur car il y a trop de possibilité de changement pour avoir un chiffre rationnel
  • Il y a beaucoup plus de participants sur ce forum qui privilégient la gestion active. Pour un débutant, cela demeure tout de même assez risqué. J'ai lu une quarantaine de livres sur l'investissement et aucun n'explique vraiment comment construire un portefeuille d'actions individuelles : la pondération, la diversification sectorielle, la gestion du risque, etc. À mes yeux, c'est presque un art.

    Je reste convaincu que les marchés boursiers peuvent offrir d'excellents rendements à long terme, mais j'ai de la difficulté à comprendre pourquoi certains investisseurs choisissent la gestion passive alors que d'autres préfèrent la gestion active, même lorsque celle-ci peut sous-performer pendant certaines périodes, notamment lorsque des secteurs populaires comme l'intelligence artificielle s'envolent.

    Lorsque notre portefeuille accumule du retard par rapport à l'indice de référence, cela nous pousse inévitablement à nous remettre en question et à réfléchir à notre approche. Êtes-vous suffisamment patients pour maintenir le cap sur votre stratégie d'investissement et conserver votre confiance envers les entreprises que vous détenez ? Ou l'idée de passer à la gestion indicielle vous a-t-elle déjà traversé l'esprit ?

  • @McM je vais me permettre de ne pas répondre directement à tes questions. Je vais plutôt soulever quelques nuances, un peu comme quelqu'un qui veut flasher ses connaissances (comme un douchebag en tank top dans la salle de musculation qui flash ses muscles), et je reconnais d'emblée que ça risque d'être ennuyant pour plusieurs, probablement même pour la majorité. Mais je trouve qu'il y a des choses intéressantes à tirer de ce que tu avances.

    Je vais d'ailleurs laisser de côté ta question sur la construction d'un portefeuille comme tel, parce qu'honnêtement, je ne saurais pas trop quoi te dire, sinon qu'il est généralement admis que choisir une trentaine de titres, les pondérer de façon à peu près égale et viser une certaine diversification sectorielle peut très bien faire le travail.

    Je précise tout de suite que je ne me considère pas comme un investisseur d'exception, et objectivement je ne pense pas l'être. Par contre, j'estime quand même connaître la théorie financière (ou du moins je le pense), et je ne me limiterai pas dans le degré de sophistication de mes propos pour faire plus simple. J'assume être une espèce de snob de la finance, comme d'autres le sont pour le vin, la gastronomie, les voitures, le vélo ou le tourisme. La beauté de la chose, c'est qu'aujourd'hui, si quelqu'un ne comprend pas tout ce que j'écris, il peut toujours demander à un LLM de l'assister.

    Avant d'aller plus loin, j'aimerais préciser que lorsque je parle de théorie financière, je fais référence aux grandes lignes de ce qui a émergé de la recherche académique. Personne dans le monde de la finance n'applique ça à la lettre, mais à divers degrés, une part importante des portefeuilles gérés dans le monde (surtout du côté institutionnel) se base là-dessus en partie, tout en adaptant bien sûr cette théorie à la réalité du marché.

    Mon premier point, c'est que pour faciliter la compréhension auprès des épargnants, l'industrie et la presse financière ont beaucoup simplifié certains concepts, et ça crée des angles morts qu'on n'explore à peu près jamais.

    Prenons la « gestion passive ». À ma connaissance, on n'a jamais vraiment défini ce que c'est. Pour la portion en actions du portefeuille d'un investisseur canadien, est-ce que ça se limite aux actions canadiennes et américaines, et dans quelles proportions exactement? Si on veut aller au-delà, faut-il inclure les marchés en développement? La théorie suppose souvent aussi qu'il n'y a pas d'impôt, alors que c'est loin d'être le cas pour bien du monde; même dans un REER ou un CELI, les dividendes provenant d'ailleurs que du Canada et des États-Unis sont imposables.

    C'est probablement logique que, par simplification, on associe la gestion passive de l'investisseur canadien moyen au fait de détenir une part importante d'un FNB qui reproduit le marché américain et une part plus faible du marché canadien. Mais c'est une approximation, pas de la gestion passive pure. Cet investisseur fait le choix d'exclure tout ce qui est hors Canada et hors États-Unis, et en plus, comme bien des gens le font (et c'est correct), il peut se concentrer sur des FNB qui répliquent des indices comme le S&P 500 (surtout des grandes capitalisations) et le S&P/TSX Composite (grandes, moyennes et un peu de petites capitalisations). Il néglige donc les small et mid caps américaines et une partie des small caps canadiennes. Bref, je pense qu'il faut partir du principe que la gestion passive pure ne peut à peu près jamais exister; il y a toujours des choix à faire. Ce n'est pas un reproche que je fais au post de McM, puisque presque tout le monde pense ainsi et que c'est même juste plus simple de le concevoir de cette façon, mais j'estime qu'il faut se rappeler que même ceux qui disent faire de la gestion passive ne sont pas passifs dans l'absolu.

    Autre chose : selon ma compréhension de la théorie financière, personne n'a jamais affirmé clairement et objectivement qu'une façon d'investir était plus efficiente qu'une autre. On a souvent l'impression que la théorie dit que le plus efficient correspond à ce que plusieurs appellent la gestion passive, mais il y a aussi toute une littérature qui pousse plutôt vers ce qu'on appelle la gestion semi-active ou smart-beta : une approche factorielle, avec un portefeuille comptant énormément de titres, mais avec une surpondération de certains en fonction de biais favorables à des thématiques comme la value, la taille (les small caps), la profitabilité, le momentum, etc. Et l'industrie aime bien ça, parce que ça permet de créer plein de FNB.

    Pour ce qui est de « battre le marché », on est encore dans la simplification, mais ne pas la faire compliquerait trop les choses pour les particuliers, alors je pense que c'est optimal d'utiliser le concept. Selon ma compréhension, battre le marché renvoie à la notion d'alpha, qui provient du Capital Asset Pricing Model (CAPM). C'est un modèle très critiquable, mais qui demeure utilisé en pratique, notamment en évaluation d'entreprise et parfois pour mesurer la performance de gestionnaires institutionnels (par exemple quand la Caisse de dépôt confie de l'argent à un gestionnaire externe). L'alpha mesure la portion du rendement qui n'est pas expliquée par le rendement auquel on pouvait s'attendre compte tenu du risque, lequel est calculé à partir de la volatilité d'un titre et du degré de corrélation de ce titre avec le marché. Ce risque relatif au marché est appelé bêta, et on peut étendre le calcul à un portefeuille entier pour en estimer l'alpha et le bêta. Beaucoup critiquent le fait que le modèle assimile le risque à la volatilité, mais il reste que la grande majorité des investisseurs n'aiment pas la volatilité, ou du moins la volatilité à la baisse (en passant, un titre peut être très volatil et peu corrélé au marché, et le modèle va alors le considérer comme peu risqué; ça existe, mais c'est rare; donc à mon avis on peut faire l'approximation que le risque, dans ce modèle, se résume à la volatilité).

    Suite dans le prochain message.

  • Suite et fin du message précédent.

    Là où ça devient intéressant, c'est que sur une période donnée, les titres que le CAPM évalue comme les plus risqués peuvent extrêmement bien performer, comme c'est le cas depuis au moins avril 2025. Autrement dit, quelqu'un qui surperforme le S&P 500 depuis ce temps-là a très probablement pris plus de risque que le marché au sens du CAPM. Je dis bien « au sens du CAPM », parce qu'une surperformance peut aussi venir d'une exposition factorielle, d'un bon pari sectoriel ou simplement de la chance, et pas seulement d'un bêta plus élevé; mais dans un contexte où ce sont surtout les titres à bêta élevé qui ont mené la hausse, le modèle va la lire comme une prise de risque accrue. Donc, même quelqu'un qui n'aime pas le modèle et qui sous-performe peut très bien se dire qu'il ne veut tout simplement pas détenir ce genre de titres qui ont eu des performances spectaculaires depuis avril 2025, ou du moins les détenir à une pondération plus faible que dans le S&P 500. Je ne dis pas ici que le marché a raison ou a tort.

    On assimile souvent le fait de battre le marché au fait de générer de l'alpha, mais dans les derniers mois, battre le marché ne signifie pas nécessairement générer de l'alpha selon le CAPM. Mais bon, ce n'est pas nécessairement grave, dans la mesure où très peu de gens évaluent réellement leur rendement selon le CAPM, que ce soit les particuliers ou les gestionnaires qui ont une clientèle de particuliers. Par ailleurs, selon ma compréhension de la théorie, personne n'a jamais dit qu'il était impossible de battre le marché ou de générer de l'alpha. Des choses qui s'en approchent ont déjà été dites, mais avec des nuances.

    C'est certain que, comme il existe des véhicules de placement peu coûteux, on peut se dire : « je sous-performe le S&P 500, donc j'ai un coût d'opportunité de ce côté-là ». Mais c'est aussi possible qu'une personne ne soit tout simplement pas à l'aise avec la composition actuelle du S&P 500 et qu'elle soit prête à accepter potentiellement de moins bons rendements en échange. Est-ce vraiment un mauvais choix dans ce cas-là? (Je précise qu'ici je suppose, par simplification, que le S&P 500 correspond au marché. C'est approximativement défendable : pour un investisseur canadien concentré sur les actions américaines et canadiennes, le S&P 500 représente plus de 90 % de la capitalisation boursière totale des deux pays combinés.)

    Enfin, un dernier point, et je ne dis pas ça pour me donner un air moralement supérieur : selon moi, dans le monde du placement, presque tout le monde (incluant les particuliers et incluant moi) a quelque chose à vendre, et je ne parle pas exclusivement de produits ou de services financiers. Au-delà de ceux qui en vendent, soit les professionnels de l'industrie qui vont bien sûr prêcher pour leur paroisse, les investisseurs particuliers qui gèrent eux-mêmes leur portefeuille, ou qui le font gérer par d'autres, ont eux aussi tendance, souvent inconsciemment, à vouloir « vendre » l'idée que ce qu'ils font est vraiment optimal, et leur vision des choses en sera nécessairement teintée. Moi, bien humblement, je pense qu'il n'existe pas de façon objectivement plus optimale qu'une autre d'investir et de concevoir les marchés. Il y a certes des méthodes que je juge meilleures que d'autres (par exemple, je suis assez sceptique quant au succès que peuvent réellement avoir les traders particuliers à court terme; je pense qu'il est possible que certains y parviennent vraiment, de façon objectivement mesurable, mais ça reste à mon avis extrêmement rare), mais à mon avis, autant une approche active, semi-active (smart-beta) que passive peut convenir à différents types d'investisseurs, et il y a aussi des investisseurs qui les mélangent.

    Pour redescendre vers ta question : à mon avis, quand un portefeuille tire de l'arrière par rapport à l'indice parce qu'un thème comme l'IA s'envole, ce n'est pas nécessairement un échec, c'est souvent simplement le reflet d'un choix de composition assumé. La vraie question n'est peut-être pas actif contre passif, mais plutôt de savoir si on est capable de vivre avec sa propre tracking error — l'écart entre son portefeuille et l'indice — sans se remettre en cause à chaque trimestre. Si oui, l'approche se défend très bien; si non, l'indiciel, ou quelque chose qui s'en approche, est probablement plus approprié.

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