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Stratégies de décaissement

Il y a plusieurs retraités sur le forum et je pensais qu'un fil spécifique sur les stratégies de décaissement pourrait avoir son intérêt.

Quelle stratégie utilisez-vous ?

Réponses

  • 17 Réponses trié par Votes Date
  • Il vient un moment dans la vie où on n’a plus de revenu d’emploi et on doit vivre alors avec ses rentes et ses économies. Se pose alors le problème complexe de quand et quoi retirer. Voyons les différentes sources de revenu.

    Certains bénéficient d’une rente de retraite de leur employeur. Cette rente débute habituellement le mois suivant le moment de la retraite. Si la retraite survient avant ou après qu’on atteint l’âge de 65 ans, le montant de la rente est réduit ou majoré.

    Ceux qui ont contribué à la RRQ ont droit à une rente de la RRQ, le montant de la rente étant en proportion des cotisations faites. On peut prendre sa retraite et reporter à plus tard la rente de la RRQ. Pour chaque mois de report, la rente est majorée de 0,6 %. Par exemple, en reportant de 20 mois la rente, le montant est majoré de 12 %. Il n’y a plus de majoration après 70 ans. Le report à 70 ans augmente la rente de 36 %.

    Tout canadien, qu’il ait travaillé ou pas, a droit à la SV (Sécurité de la vieillesse) en proportion du nombre d’années vécues au Canada depuis l’âge de 18 ans. Un report de la rente augmente aussi le montant de 0,6 % par année, jusqu’à l’âge de 70 ans. Mais la rente est réduite ou annulée pour ceux à revenu élevé. En 2020, la pénalité s’applique dès que le revenu excède 77 580 $, et il n’y a plus de rente pour ceux qui ont un revenu de plus de 126 058 $. Ces seuils sont indexés chaque année selon l’indice des prix à la consommation. Si quelqu’un commence à toucher sa rente au premier semestre de 2021, la pénalité est calculée en fonction des revenus de 2019. À partir de juillet 2021, la pénalité est calculée en fonction des revenus de 2020.

    Le REER doit être converti en FER et le CRI en FVR au plus tard l’année de ses 71 ans. Les retraits sont obligatoires l’année suivant la conversion, et au plus tard dès 72 ans. Il y a un montant minimum à décaisser chaque année. C’est un pourcentage (qui augmente chaque année avec l’âge) appliqué au solde au 31 décembre de l’année précédente. Il n’y a pas de maximum pour le FER mais il y en a un pour le FRV. Ces décaissements sont des revenus imposables.

    Comme les décaissements des FER et FRV augmentent les revenus, ils peuvent augmenter les pénalités appliquées à la SV. Voir l’article suivant :

    https://www.lapresse.ca/affaires/finances-personnelles/202001/18/01-5257375-videz-votre-reer-en-premier.php

    Il y a donc un calcul à faire afin de déterminer ce qui est le plus avantageux, la bonification de la SV avec le décaissement du FER, ou l’inverse si on pense que le rendement du REER sera supérieur à la bonification de la SV.

    Pour ce qui est de l’allocation des actifs dans le REER/FER/CRI/FRV, la recommandation d’autrefois était que le pourcentage d’actions dans le compte ne devrait pas dépasser 100 moins l’âge. Par exemple, à 65 ans, on devrait avoir un maximum de 35 % du portefeuille en actions, le reste étant en titres à capital garanti comme des obligations. Cette notion est désuète, parce que cela dépend de la situation de chacun et aussi parce que les obligations ne rapportent presque rien.

    Il faut plutôt évaluer ce qu’on devra décaisser au cours des prochaines années et investir le montant dans des titres à capital garanti. Ce peut-être les montants à décaisser au cours des trois prochaines années, ou au cours des cinq prochaines années si on veut être plus prudent. L’objectif est d’éviter de devoir décaisser des titres fortement dépréciés (comme en 2009 et en 2020). Le reste du portefeuille peut-être entièrement en actions, ce qui procurera un bien meilleur rendement à long terme.

    Comme titre à capital garanti, on peut opter pour les CPG des marchés boursiers. Le capital est garanti ainsi qu’un rendement minimum (légèrement inférieur aux CPG ordinaires). Mais selon l’évolution des marchés boursiers, on peut obtenir un rendement beaucoup plus intéressant que celui des CPG ordinaires. Ces CPG sont constitués de blue chips.

    La retraite, ça se prépare.

  • Évidemment la stratégie de décaissement dépends de nos sources de revenus.

    Voici comment j'ai procédé.

    J'ai établi le montant annuel que je voulais dépensé. (pt important : je l'ai toujours dépassé généreusement surtout à cause des travaux de rénovation).

    Pour obtenir ce montant j'ai une petite pension de mon employeur, mon REER, mon CELI et des comptes non enregistrés. Je ne suis pas encore à l'âge de recevoir la RRQ ou la SV.

    Tout mes actifs sont investis à 100% en actions et le seront tant que les obligations ne rapporteront pas 7 à 8%, ce qui est le rendement moyen des actions. Comme mes retraits sont moindre que 8% par année je ne prévois pas épuiser mon capital peu importe l'âge où je décéderai.

    Mes principales préoccupations sont donc de minimiser l'impôt à payer et de ne pas avoir à vendre d'actions à un moment où le prix offert est inférieur à la valeur que j'estime juste.

    Pour minimiser l'impôt, il faut savoir que le taux marginal augmente autour de 45 000$. J'essais donc d'avoir un revenu imposable autour de 45 000$ par année. Mon revenu de pension, mes retraits de REER et mes dividendes sont du revenu imposable, les retraits des CELI et des comptes non enregistré ne sont pas imposable. La partie plus difficile à gérer concerne les gains en capital des comptes non enregistré qui vont gonfler mon revenu imposable mais j'essais de les minimiser.

    Pour ne pas avoir à vendre d'actions à un moment non opportun j'ai pensé à avoir l'équivalent de deux ans de besoins en obligations. Toutefois vu les bas taux d'intérêts j'ai préféré utilisé ma marge domiciliaire comme coussin de sécurité pour pouvoir, au besoin, retarder la vente d'actions.

    Typiquement au début janvier je vends des actions pour rembourser le solde de la marge domiciliaire et la moitié de mes dépenses pour l'année suivante. Depuis 2015, j'ai retardé la vente de mes actions une fois, en janvier 2019. J'ai remboursé ma marge en avril seulement. En 2020 j'ai devancé la vente à cause des conséquence possible de la COVID.

    J'essais de vendre des actions pour retrait une seule fois par année, surtout pour me simplifier la vie. Évidemment je fais des transactions à d'autre moment pour la gestion du portefeuille.
  • Bien qu'à 10 ans de ma retraite, je compte bien me baser sur la très simple règle du 4% pour décaisser mon portefeuille hors régimes publiques.

    À partir d'une allocation d'actif 75/25,  je vais retirer 4% la première année et ajuster ensuite en fonction de l'inflation pour les années subséquentes.

    Pour les fluctuation de marché Je vais corriger de plus ou moins 5% le montant et puiser plus dans les obligations les mauvaises années. 

    La technique est bien expliquée ici:

    https://www.forbes.com/advisor/retirement/four-percent-rule-retirement/
  • On parle beaucoup de décaissement.  Est-ce une bonne stratégie de prévoir des revenus de dividendes suffisants pour subvenir à ses besoins sans décaisser son capital?

  • Driveshoe a dit :
    Est-ce une bonne stratégie de prévoir des revenus de dividendes suffisants pour subvenir à ses besoins sans décaisser son capital?

    Meilleure réponse possible : ça dépend :P 

    Un des gros danger de cette stratégie est qu'il n'y a aucune garantie que les dividendes seront toujours versées dans 6 mois - 1 an - 5 ans. Et la journée que la compagnie arrêtera de verser des dividendes, la valeur du titre va diminuer atrocement. Il existe donc un risque non négligeable. Et une entreprise qui verse trop aux actionnaires est une entreprise qui n'investir pas assez sur elle. 

    Oui les banques canadiennes sont dans des catégories a part, elles ont toujours maintenue et augmentés leurs dividendes mais ... le passé n'est pas garant de l'avenir et on est pas a l'abris d'une crise qui va tout changer. 

    Maintenant, ceci dit, une fois les calculs fais pour la majoration / crédit fiscal, ça serait une stratégie intéressante puisque ton capital resterait intact pendant que tu profite de la retraite. Oui bon tes héritiers auraient sûrement un méchant gain en capital lors de la succession mais ça, tu ne seras plus là pour ça (blague!) 
  • Driveshoe c’est ce que j’aurais aimé. Toutefois les taux de dividendes sont tellement bas que ça prend plus de capital accumulé que j’en ai. Comme Teddy je retire moins que mon rendement annuel et le capital continue de s’accumuler.
  • Marcky a dit :
    Merci Marcky pour l'article. J'avais entendu parler de cette règle mais c'est vraiment bien expliqué dans l'article.

    C'est fort intéressant de voir que ce ne sont pas les chutes boursières qui sont le pire ennemi du rentier mais plutôt l'inflation !

    Les gens qui se sont retirés juste avant 1929-31 (et une baisse de 61%) ce sont mieux tiré d'affaire que ceux s'étant retirés juste avant 1973-74 (baisse de 37%). Ça semble illogique mais les premiers ont vécu une période de déflation (nécessitant donc moins de décaissement) dans les années 30 alors que les second ont subi les ravages de la forte inflation de la fin des années 70/début 80.
  • Driveshoe a dit :
    On parle beaucoup de décaissement.  Est-ce une bonne stratégie de prévoir des revenus de dividendes suffisants pour subvenir à ses besoins sans décaisser son capital?
    Ça peut sembler faire du sens à première vue mais je crois que c'est un peu artificiel comme raisonnement, presque de la comptabilité mentale.

    La clé est d'éviter l'épuisement de ton capital. C'est ton rendement total (gain de capital+dividende) qui va te permettre (ou pas) d'éviter cet épuisement. La proportion de dividende dans ton rendement total n'a pas vraiment d'importance. Mieux vaut avoir un rendement total de 10% (avec zéro dividende) qu'un rendement de 8% (avec la moitié en dividende)
  • La fonction que je voyais pour les REER à la retraite est d'avoir une source de revenu lorsque le marché n'est pas favorable afin d'éviter de vendre des actions à bas prix.

    J'ai eu ma réponse en relisant le fil de discussion,  avoir les fonds pour durer deux ans en cas de baisse de marché.

    Je n'avais pas encore pensé à une stratégie de décaissement pour la retraite car je ne suis pas rendu là.  À priori, je voyais l'approche par dividende comme prudente, mais visiblement pas optimale.  Bref, avec une approche basée sur le gain en capital, je peux voir la date de la retraite ou du ralentissement professionnel contrôlé plus proche que je pensais!

  • L’optimisation fiscale n’a jamais été un de mes dadas, je ne vire pas fou avec cela, mais en mode décaissement, je constate que ça devient un enjeu majeur. Merci de faire part de vos stratégies. Évidemment ç’est très relatif à chacun et à l’âge notamment. 


  • Une bonne planification fiscale doit être faite tôt et non au moment du décaissement. Il est important de bien choisir les véhicules de placement en fonction des objectifs surtout s'ils ne sont pas tous au maximum.
  • J'aime bien l'idée de conserver 2 à 3 années de dépenses dans des placements sécuritaires non reliés à la Bourse à la retraite. Ça voudrait dire de 8 à 12% de son portefeuille en prenant comme base la règle du 4%.

    C'est sûr que pour un bon stockpicker, c'est probablement plus optimal de rester le plus près possible du 100% en action... mais il faut aussi considérer l'aspect "sécurité psychologique".

    J'ai l'impression que bien des retraités investis fortement en Bourse ont trouvé le mois de mars bien stressant et difficile. J'ai eu un exemple très triste de ça dans ma propre famille. C'est bien d'optimiser le rendement et la fiscalité mais il ne faut pas négliger d'optimiser aussi le côté "confort psychologique".  
  • Depuis plusieurs années je fais partie des retraités (73 ans) dont le fonds de pension c’est un Ferr en actions boursières (beaucoup avec dividendes), la RRQ , pension du federal , une petite pension Française. Vite calculé RRQ , PV et pension Française me donne 1600$ mensuel , le retrait obligatoire du Ferr 3300$ mensuel ce qui fait 4800$ mensuel , la pension Française est non imposable  (200$ mensuels), je rajoute a ça certains revenus de transactions boursières qui viennent d’un portefeuille marge auquel je ne rajoute rien , mais pioche dedans quand ça va bien et ne retire rien quand ça va mal , c’est un peu comme un arbre dont je cueille les fruits de bonnes et mauvaises années , le CELI quand a lui est au max et je vais le convertir en ETF dividendes histoire de rajouter a mon revenu mensuel en faisant des retraits de temps a autres..

    Mon portefeuille est actuellement 35% mines d’or , je l’ai baissé de 15% suite a la dernière hausse des minieres , cette partie a beaucoup attenué la baisse du reste , je vais le baisser encore mais attends le moment que je croirais opportun et sortir petit a petit.

     

     j’ai commencé la bourse fin des années 80 et ait toujours été dans les minières , des joies et des pleurs j’en ai eu avec ce secteur mais dans l’ensemble ça a été le plus payant , je suis parti de zéro a la bourse et sait lire un rapport 43101 , d’un autre coté je n’ai jamais touché les pharmas et tres peu les petrolieres

     

    Quand j’ai cessé toute activité , la première chose a été de supprimer les dettes (un nettoyage de portefeuille en même temps pour les payer) donc finir de payer la maison , le chalet et racheter la voiture a la fin de son bail de 4 ans , il y a 2 ans nous avons revendu la maison et acheté comptant un condo pas mal plus cher que la maison , la d’ici 2 ans ce sera la vente du chalet (+-300k)  ce qui va rajouter au budget voyage / loisirs.

     

    Ma femme a sensiblement le même revenu de retraite ce qui nous permets de vivre confortablement et voyager pas mal.

     

    Quand je vois tout ce qui se passe ds les CHSLD en ce moment , je me dis que je suis aussi bien d’en profiter.

     

    Mon pire coup , lors du crash techno en 2000 , j’avais acheté 1000 actions AAPL que j’ai revendu pas trop longtemps après pour un gain de +- 1$ , les avoir gardé avec les splits j’en aurais 14000 aujourd’hui  (calcul personnel) juste la ma retraite serait largement assurée.

    Ainsi va la vie…. On ne peut vraiment pas parler d’optimisation de revenu de retraite par contre , une chose sure je deteste les dettes et en cas de malheur j’ai un certain coussin.

  • philrancourt a dit :
    J'aime bien l'idée de conserver 2 à 3 années de dépenses dans des placements sécuritaires non reliés à la Bourse à la retraite. Ça voudrait dire de 8 à 12% de son portefeuille en prenant comme base la règle du 4%.
    (...)
    J'ai l'impression que bien des retraités investis fortement en Bourse ont trouvé le mois de mars bien stressant et difficile.
    En même temps il y a la PV et la RRQ sur lesquels retomber en cas de baisse du marché, contrairement à quelqu'un de plus jeune. Je ne me rappelle plus combien ça donne, mais il me semble que c'est davantage que ce que je dépense. En plus techniquement quand je serai retraitée et âgée j'aurai une maison payée et un jardin. Si mes taxes sont pas trop chères ça devrait être correct.

    C'est sûr qu'on est obligés de retirer des REER par contre à 71 ans et plus, donc possiblement vendre à un moment innopportun. Je pense que j'opterais pour garder des liquidités dans le FER pour les retraits, mais le CELI serait tout en actions. Le règlement pour le retrait minimal c'est en % par an? Je pourrais vendre vers janvier ou attendre plus tard dans l'année si innoportun.

    D'ici mes 71 ans les règlements ont le temps de changer.
  • Ma stratégie de décaissement est la suivante:
    je retire de mon REER ce que j'ai besoin, lorsque durant l'année en cours les marchés sont haussiers (5% et plus).
    Sinon je retire du REER ce que j'ai besoin vers la fin de l'année et je le place en CELI ou compte non enregistré, et investi bien sûr, le temps que les rendements attendus se fassent.
    J'utilise si nécessaire ma marge de crédit hypothécaire pour patienter.
    Comme je travaille toujours 3 jours semaine, je fais attention au décaissement par rapport au revenu imposable (ne pas payer plus d'impôt au décaissement que l'impôt que j'ai reporté au moment de cotiser au REER). 
    De cette manière tout mon capital disponible est toujours investi et j'ai suffisamment de marge de manoeuvre avec la marge pour patienter,si nécessaire quelques années.
    Pas de stress.
    Pour la PSV, je ne la retire pas car de toutes manières, je serais pénalisé, dépassant en travaillant le maximum de revenus admissible.
    Pour la RRQ, également reporté, je me pose toujours la question suivante. Est-ce que le fait de travailler à temps partiel, donc avec des revenus éventuellement inférieurs au maximum admissible, même si effectué après 65 ans, pourrait me désavantager dans le calcul et, paradoxalement, diminuer ma rente ? Si quelqu'un a la réponse, j'apprécierais.
  • bernard a dit :

    Pour la RRQ, également reporté, je me pose toujours la question suivante. Est-ce que le fait de travailler à temps partiel, donc avec des revenus éventuellement inférieurs au maximum admissible, même si effectué après 65 ans, pourrait me désavantager dans le calcul et, paradoxalement, diminuer ma rente ? Si quelqu'un a la réponse, j'apprécierais.
    Non, puisque le calcul de la rente ne tient compte que de tes X meilleures années. De mémoire, c'est les 35 meilleures années. Donc, ton revenu de 2020 ne sera juste pas inclus dans le calcul de la rente s'il ne surpasse pas ta 35e meilleure année. Avec la nouvelle bonification du RRQ, c'est certain que ta rente va augmenter au moins un petit peu.
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