C'était la question d'hier soir au 5 à 7. On a eu plusieurs réponses intéressantes.
En voici quelques unes de mémoire:
- les dividendes
- les rachats d'actions
- les calculs de ratios dans une feuille excel
- le timing (trouver le point d'entré idéal dans un titre)
Est-ce qu'on devrait rajouter des choses à la liste ?
Ça pourrait donner un fil intéressant si certains veulent élaborer sur les points ci-dessus ou y ajouter une idée.
Réponses
Lors de cette journée, comme par magie, certains participants dans le marché souhaiteraient se débarrasser d'actions à des prix déprimés, alors que l'incertitude liée à la crise a fortement diminué.
NASDAQ + 22 % & S&P + 18.6 % après 6 mois en 2019 et si on regarde les rendements depuis 2009 .. c’est possible que l'idée la plus surestimée soit que c’est pas si difficile d’obtenir des meilleurs rendements que les ETF
Diviser des profits croissants par un nombre moins élevé d'actions va à la longue faire augmenter le prix de l'action (si le marché lui accorde le même multiple).
Prenons le cas de O'Reilly Auto Parts (ORLY)
De 2005 à 2019, les profits sont passés de $164M à $1391M ( 8.5 X)
Sur la même période, ils ont rachetés 31% des actions.
Le prix de l'action est passé de $30 à $438 (14.6X)
Recemment CSU nous a versé un dividende spécial. J’aurais aussi préféré qu’ils l’investissent. JPM et BAC vient d’annoncer d’importants rachats d’actions. Ces entreprises ont jugées qu’elles ont du capital excédentaire et le retourne aux propriétaires. Est-ce qu’elles ont vraiment de meilleure options dans l’interet des actionnaires ? J’en doute.
Conclusion : Moi aussi je préfère un ciel bleu perpétuel
j'ajouterais que le concept d'essayer d'estimer dans sa tête ce que le marché a escompté comme nouvelles macro-économique est très surestimé. On entend souvent ça ces jours-ci.
1. Le market timing
2. Cash is king
Je vais me faire l'avocat du diable pour les rachats d'actions.
En fait, j'irais plus loin, à bien des égards, il n'y a aucune différence entre le rachat d'actions et le versement de dividendes dans le sens que dans les deux cas, des liquidités sont transférées de la société vers les actionnaires. Je vais donc défendre à la fois les dividendes et les rachats d'actions!
Du point de vue d'un investisseur, un rachat d'actions, c'est un peu comme si une société versait un dividende qui serait immédiatement réinvesti dans des actions nouvellement émises au prix du marché et selon lequel les actionnaires auraient un droit de retrait, c'est-à-dire que de prime abord leur participation dans l'entreprise augmenterait sauf s'ils feraient la demande de ne pas recevoir de nouvelles actions, mais bien de recevoir des liquidités.
Dans le cas, d'IBM, c'est bien facile de se dire en date d'aujourd'hui qu'ils ont pris de mauvaises décisions dans le passé et que ça aurait été plus profitable d'investir dans des opportunités de croissance. Je ne dis pas qu'ils ont pris une bonne décision en faisant tous ces rachats, mais plutôt que c'est difficile de juger.
On ne peut pas juger si une décision était la bonne seulement en se basant sur les résultats. Parfois une mauvaise décision peut mener à de bons résultats et vice-versa.
Ceux qui critiquent IBM ne disent jamais ce qu'elle aurait dû faire. IBM reste l'entreprise qui a obtenu le plus de brevets aux États-Unis par année depuis plusieurs années et les rachats d'actions n'ont pas empêché cela; bon obtenir des brevets n'est pas la seule façon d'assurer le succès d'entreprise, mais ça fait quand même ça. IBM a sûrement fait plusieurs acquisitions de plusieurs start-ups; je n'ai pas cherché à savoir à quel point elle en a fait, mais toutes les grandes entreprises technos font ce genre d'acquisition. Aurait-elle dû conserver plus de liquidités et viser faire une acquisition gigantesque, mais peut-être plus risquée que ses activités? Parfois les dirigeants qui ne sont pas des entrepreneurs ne veulent pas prendre ce genre de risque, dans certains cas, c'est même peut-être la meilleure chose à faire.
https://www.ibm.com/blogs/research/2019/01/2018-patent/
Quand je regarde les sociétés qui composaient l'indice Dow Jones en 1990, je vois facilement plus d'une dizaine de sociétés qui on fait bien pire qu'IBM. Bien sûr plusieurs avaient des réalités totalement différentes d'IBM, mais mon point est que les entreprises ne peuvent pas toutes avoir une vie éternelle et que parfois ce qui est optimal pour maximiser la richesse des actionnaires à long terme c'est un bon dosage entre retourner des liquidités et réinvestir.
GM a fait faillite en 2009. Certains seraient portés à penser que les actionnaires de GM ont dû obtenir un rendement désastreux sur une longue période. Ce n'est pas vraiment le cas. GM fut pendant des décennies une société qui a versé énormément de dividendes et selon cette source, de 1926 jusqu'à sa faillite le rendement total de son action fut de 5%. C'est la même chose pour Ford quoique le rendement total fut meilleur sans être exceptionnel.
https://www.kiplinger.com/slideshow/investing/T052-S001-the-50-best-stocks-of-all-time/index.html
https://www.fool.com/investing/2019/01/16/63-years-later-what-can-investors-learn-from-fords.aspx
Ce ne sont pas toutes les entreprises qui ont un modèle d'affaires qui leur permet d'avoir constamment des opportunités d'investissement intéressantes. Quand ce n'est pas le cas, on n’est pas obligé de s'y intéressé comme investisseur, mais la société va quand même exister et ses dirigeants ont comme devoir de maximiser la richesse des actionnaires et dans ces cas-là, bien souvent verser des dividendes et racheter des actions n'est pas une mauvaise décision.
Medici explique bien dans cette vidéo la différence entre une société qui a beaucoup d'opportunités de réinvestissement et une qui en a peu.
https://www.youtube.com/watch?v=jmb7mrs22Aw
Certains qui critiquent les rachats d'actions affirment que cela fait en sorte qu'il y a moins d'investissements de la part des entreprises. Je leur répondrai que j'aime mieux que les entreprises investissement seulement quand c'est pour répondre à une vraie demande future qu’ils estiment que simplement pour augmenter leur capacité pour le plaisir de le faire. Créer de la surcapacité augmente les coûts fixes unitaires moyens et ça finirait par créer de l'inflation. Comme Buffett l'a dit : «I’m not aware of any enticing project that in recent years has died for lack of capital. (Call us if you have a candidate.)"»
https://markets.businessinsider.com/news/stocks/warren-buffett-annual-letter-2016-stock-buybacks-share-repurchases-2017-2-1001783095
Quant à BMTC, je me demande bien dans quoi ils auraient pu investir. Est-ce qu'il y a 10-15 ans, ils auraient pu essayer de se positionner pour devenir un «Wayfair»? Je doute que la direction eût la vision, les connaissances technologiques et les capitaux pour s'essayer. Sans compter que les syndicats n'auraient sans doute pas aimé cela. Auraient-ils dû essayer d'aller à l'extérieur du Québec? Probablement pas. Les deux familles fondatrices se disent possiblement intuitivement ou non que leur entreprise n'est peut-être pas éternelle (surtout dans le commerce de détail) et qu'en sortant des liquidités ils pourront diversifier leurs fortunes sans en perdre le contrôle sur leur entreprise. Avec tous les rachats d'actions qu'ils ont faits, le dividende par action actuel divisé par le prix de l'action d'il y a 20 ans donne un rendement extrêmement élevé!
Quant à moi trouver que les rachats d'actions sont une idée surestimée en investissement est en soi une idée surestimée en investissement!
L’aspect que je trouve sur-évalué est que la demande ad vitam eternam de certains produits de consommation est une garantie de succes pour certains titres. On peut penser à proctor and gamble, coka cola ou Johnson and johnson
S'entêter à ne jamais vendre, même quand le prix défi toute logiique, seulement parce que sa religion dit qu'il ne faut jamais vendre
Pour moi l'investissement est lié aux business, qui sont liées à la consommation, qui sont liées à la vie humaine et la vie ne peut pas se résumer à un paquet de formules. C'est certain que je fais des calculs et que j'ai même l'intention d'en faire davantage, mais c'est une petite partie de l'analyse.
Je dirais que les rachats d'actions sont un red flag dans 95% des cas. Même pour les titres que l'on pourrait considérer comme sous-évalués.
Il faut revenir à la notion d'allocation de capital. Ce que je veux comme actionnaire, c'est une société avec beaucoup de possibilités de croissance et une direction talentueuse capable de saisir au maximum ces possibilités. Dans une telle situation, la chose la plus rationnelle est de réinvestir 100% du cash généré par le business dans les opportunités de croissance. Ce n'est certainement pas d'en utiliser une portion pour racheter ses propres actions...
Si une société préfère racheter ses actions par rapport à investir dans sa croissance, c'est peut-être qu'elle est dans un secteur où il n'y a pas beaucoup d'opportunité. Ou c'est peut-être que la direction n'a pas le talent ou l'ambition pour saisir ces opportunités. Dans les deux cas, c'est un red flag et je ne veux pas investir dans ce genre de compagnie.
Il y aussi l'idée que c'est rationnel de racheter des actions pour un titre sous-évalué. Si la sous-évaluation est temporaire, la société n'aura de toute façon pas beaucoup de temps pour racheter ses actions et ça risque d'avoir peu d'impact. Si la sous-évaluation est plus "constante", il faut se demander "pourquoi" ce titre est toujours chroniquement sous-évalué. Peut-être que la gestion de la compagnie est très moyenne, que la gouvernance soulève des doutes ou que la position concurrentielle n'est pas très forte... Bref, c'est sur les raisons profondes de la sous-évaluation que le management doit travailler (et que l'investisseur doit étudier). Encore là, le programme de rachat d'actions ne va pas sauver la compagnie. L'investisseur doit voir au-delà de l'écran de fumée des rachats d'action et peut-être constater qu'il est en face d'une société un peu médiocre...
Je concède qu'il existe quelques grandes compagnies qui nagent littéralement dans les cash flows (du genre Apple, Facebook, Microsoft, Berkshire) pour qui ça fait du sens de racheter leurs actions. Elles ont amplement d'argent pour financer leur croissance et la seule autre option pour l'argent restant serait de l'empiler à la banque. Mais c'est un club très sélect.
Bref, chers dirigeants, ne me retournez pas mon capital sous forme de rachats d'actions (ou de dividende). Ce n'est pas la raison pour laquelle je me suis associé avec vous !
Un timing idéal est plus souvent qu'autrement de la chance.
Et la chance, ca existe.
Toutefois, l'égo nous pousse à se penser bon, alors que l'on a été tout simplement chanceux.
Il faut s'assurer que la compagnie ne rachète pas d'une main et en émet de l'autre.
Le nombre d'actions en circulation est un des métriques que je garde à l'oeil.
Personnellement, j'aime bien les rachats d'actions quand c'est bien fait et au bon moment. Ca m'apparait une façon moins risquée de faire augmenter les profits par
action.
Souvenons nous de Brault et Martineau qui a réussi à augmenter ses profits
par action pendant plusieurs années en rachetant régulièrement ses actions.
Dollarama a par contre racheter son stock quand il était à 25-30 fois les profits,
je n'aimais pas çà.
Je suis d'accord avec toi que ça peut être la chose la plus rationnelle à faire pour une direction qui ne voit pas beaucoup de possibilités de croissance. Des méga-financières comme JPM et BAC sont de bons exemples. Quand je parle d'idée surestimée, c'est en fonction du point de vue d'un investisseur, pas celui d'un dirigeant. Comme investisseur (et j'admet ne pas être un investisseur value), je veux une société qui applique son plan A (croissance de la business) et non son plan B (rachat d'action).
snowball a dit : Il y a des milliers de titres sur les bourses nord-américaine. Je suis confiant de pouvoir en sélectionner 15 à 20 qui misent d'abord sur la croissance. C'est vrai que c'est facile de mettre en place un programme de rachat d'actions et que c'est une info facile à trouver pour un investisseur. C'est pas pour rien que c'est devenu si populaire.
Les frais de performance.
A lire les échanges précédents, on en revient au style d'investissement dans lequel on se sent le plus confortable. Et ça, c'est très personnel.
Au bout du compte, on veut voir augmenter les profits futurs par action, certains se concentrent plus sur le numérateur (i.e les profits), d'autres sur le dénominateur (i.e le nombre d'actions).
En termes de baseball, certains aiment y aller pour la clôture. Ceux-ci seront parfois des héros, d'autres fois des zéros.
D'autres préfèrent faire contact avec la balle, y aller pour la moyenne. Ceux-là sont moins flamboyant, mais drôlement efficace.
Une opinion que j'ai entendue quelques fois dont j'estime qu'elle est un peu surestimée: Plus la part du marché qui est géré passivement augmente plus il sera facile de battre le marché.
Également, l'idée que ça serait comme une défaite et que ça serait catastrophique si chaque année, voir chaque mois la valeur de ton portefeuille n'augmente pas.
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50 petits chapitres pour amateur d'étude statistique.
Si vous feuilletez le livre vous verrez la liste des 50 mythes dans la table des matières.
Si vous voulez en savoir plus sur son opinion des rachats d'actions, cet extrait d'entrevue est très intéressant. Essentiellement: un CEO qui fait des rachats d'actions n'es pas un bon allocateur de capitaux.